Le traitement en allant plus dans le détail
   
 
 
 
 
 
 
La vie de vos globules
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Les facteurs de croissance hématopoïétiques

 
     
 
Erythropoïétine ou EPO : la croissance des globules rouges

L'oxygène est transporté dans votre sang par une molécule dénommée hémoglobine et que l'on trouve dans vos globules rouges. Une baisse du taux d'hémoglobine dans votre sang s'appelle une anémie. Celle –ci peut survenir brutalement (c'est une hémorragie par exemple) ou s'installer insidieusement, en cas de carence en fer, de petit saignement occulte ou au cours de certains traitement, parmi lesquels la chimiothérapie figure au premier rang. Dans ce cas, on voit apparaître chez le patient une fatigabilité notamment à l'effort, un essoufflement et parfois un syndrome dépressif. Ceci entre dans le cadre d'une altération de la qualité de vie.

L'EPO est une hormone produite par le rein notamment. C'est un facteur de croissance des précurseurs des globules rouges dans la moelle osseuse . Elle est utilisée en tant qu'agent thérapeutique en cas d'anémie chronique liée au cancer et/ou au traitement par chimiothérapie, traitement aplasiant qui détruit de façon transitoire cependant, les cellules de la moelle osseuse, lieu de production des globules rouges mais aussi des globules blancs (défense contre l'infection) et des plaquettes (coagulation en cas de saignement et réparation des vaisseaux sanguins après une plaie). L'EPO n'est jamais utilisée lors d'anémie aigüe ou très importante ; dans ces situations d'urgence, seule la transfusion de culots globulaires est indiquée.

Cette EPO de synthèse est aussi utilisée en prévention de l'anémie lorsque le taux d'hémoglobine devient inférieur à 11g/dL. Cela permet d'éviter des transfusions itératives. Son délai d'action est de 3 à 4 semaines. Pour accroître son efficacité, il vous sera proposé l'administration de fer, le plus souvent par voie intraveineuse en même temps que vos chimiothérapies (ceci évitera les effets secondaires digestifs que l'on observe avec le fer donné par oie orale). Ainsi, elle améliore la qualité de vie et en particulier elle va agir sur la fatigue liée à l'anémie. L'EPO est prescrite selon différentes modalités par voie sous-cutanée, toutes les semaines, toutes les deux semaines ou trois semaines pour la forme retard. Le traitement est interrompu dès que le taux d'hémoglobine devient supérieur à 14 g/dL.

En revanche comme avec tout médicament, l'EPO peut exposer à des effets indésirables de type hypertension artérielle (celle-ci est du à un risque potentiel d'augmentation trop important du nombre de globules rouges en cas d'hyper-sensibilité à l'EPO) ou des complications de type phlébite (formation de caillots sanguins) ou de type embolie pulmonaire (migration d'un caillot au niveau du système artériel irriguant le poumon). Ces complications sont exceptionnelles toutefois.

Le ‘granocyte-colony stimulating factor' ou  G-CSF : la croissance des globules blancs


Les globules blancs servent à la défense de l'organisme contre les infections bactériennes. Parmi ceux-ci, cette tâche revient aux polynucléaires neutrophiles, encore appelés cellules granuleuses. Les polynucléaires neutrophiles sont les principaux acteurs de l'immunité.
Dans certaines circonstances et notamment au cours des traitements médicaux des cancers, le taux de polynucléaires neutrophiles peut chuter de façon plus ou moins importantes. Le seuil qui doit inquiéter est celui de 500 polynucléaires neutrophiles par mm 3 (l'on écrit souvent 0.5 10 9 /L). C'est dans une telle circonstance, dénommée période d'aplasie – qui survient en règle générale 8 à 12 jours après certaines chimiothérapies- que le risque infectieux apparaît et que le médecin peut être amené à prescrire des antibiotiques.

Le G-CSF est un facteur de croissance granulocytaire. Celui-ci va favoriser la transformation des précurseurs (CFU-G) en polynucléaires neutrophiles. Trois molécules sont disponibles dont une possède un mode d'action de type ‘retard'.
Les G-CSF ne sont pas efficaces en situation curative, c'est-à-dire lorsque l'aplasie est installée. Le mode d'utilisation optimal est un mode préventif, soit que la chimiothérapie est connue pour être très toxique sur les polynucléaires neutrophiles, soit après que le patient ait déjà fait une aplasie, soit enfin dans des situations de grande fragilité. Ici, l'utilisation des G-CSF, au décours d'un cycle de chimiothérapie, permet de prévenir la neutropénie.

Les G-CSF possèdent des effets indésirables qui ne sont absolument par graves : douleurs osseuses transitoires facilement contrôlables par du paracétamol (elles témoignent de la bonne activité de la moelle osseuse, perturbation de certains paramètres biologiques sans gravité aucune (taux de LDH).

Il n'y a pas à ce jour de facteurs de croissance pour les plaquettes sanguines (thrombopoïétine)
 

     
       
maj : 27/02/2012
copyright@somht.com