Le rôle du cardiologue en cancérologie
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Le Rôle du Cardiologue en Cancérologie

 
 
La collaboration « cardio-oncologique » ou « onco cardiologique » est indispensable, tant le risque d’effet secondaire cardiovasculaire est aujourd’hui d’une part inacceptable, d’autre part toujours présent, malgré les efforts des uns et des autres pour le réduire et le contrôler.

Une fois passée l’époque ancienne de la constatation des effets latéraux, ayant permis les premières observations et la mise en place d’un processus de surveillance, une fois engagée la démarche de compréhension des mécanismes fins des médicaments et des cibles thérapeutiques, le devoir de chacun de nous réside aujourd’hui dans la tentative d’une meilleure intégration des mécanismes intimes d’efficacité des drogues et, dès lors, des mécanismes de toxicité potentielle. Cet éveil est sans doute le garant d’un meilleur degré d’alerte et de prise en charge.

Les effets secondaires sont assez variables et peuvent finalement toucher bon nombre d’aspects de la surveillance cardiologique : les troubles de la régulation tensionnelle, par excès ou par défaut, surtout fréquents avec les anti-angiogéniques, les troubles de l’hémostase, avec le risque de thrombose ou de processus hémorragique, les troubles du rythme cardiaque, essentiellement à type de palpitations, d’extrasystoles, de tachycardie, constituent des éléments de surveillance importants. La fréquence des événements secondaires est toutefois relativement rare. Mais les deux soucis qui posent le plus de problèmes aujourd’hui restent les questions relatives à la dysfonction coronaire, et la dysfonction systolique ventriculaire gauche. Concernant le spasme coronaire, il est rare, certes, mais peut poser de réels problèmes thérapeutiques et il est important de pouvoir définir des profils de patients à risque, afin de mieux poser les indications thérapeutiques face à ces molécules. Par ailleurs, un premier événement suspect de correspondre à un spasme coronaire justifiera l’abandon de ce produit chez le patient. Les problèmes de dysfonctionnement musculaire du cœur (cardiomyopathie toxique) constituent et restent hélas le talon d’Achille d’un certain nombre de molécules anti cancéreuses (anthracyclines, Herceptin, … ). On a pu mettre en évidence que la fréquence des anomalies était majorées sur certaines associations médicamenteuses, réduites avec d’autres, mais chaque patient est un cas d’espèce et l’évaluation de son dossier posera volontiers des problèmes difficiles : que privilégier ? sécurité ou efficacité ? heureusement, dans nombre de cas, la question ne se pose pas de façon aussi aiguë et la surveillance, associée à une indication thérapeutiques murement réfléchie, permet une bonne efficacité sans risque important. Une fois le diagnostic établi, la situation peut nécessiter un traitement cardiologique, qui sera établi par le cardiologue en collaboration avec l’oncologue.

La surveillance cardiologique n’est pas uniforme et chaque produit peut donc justifier une démarche particulière. Elle est basée sur l’évaluation clinique et ECG du patient, avec un interrogatoire orienté, qui va rechercher des signes d’intolérance que les médecins connaissent bien : fatigabilité, essoufflement, palpitations, oppression. Mais les réponses faites devront être interprétées selon le fond du dossier, car les symptômes ne sont toutefois pas forcément spécifiques d’une maladie cardiaque. Certains éléments biologiques sont analysés avec la prise de sang. Ils entrent dans la discussion. L’examen clef reste toutefois l’échographie cardiaque. Simple et sans danger, elle permet d’évaluer parfaitement un cœur en trente minutes. La fréquence de la surveillance cardiologique est fixée par l’oncologue et la collaboration amicale entre les deux spécialités facilite encore les rapports et l’efficacité de ce tandem.
 
     
 
Dr Michel BERNARD, cardiologue
 
     
       
maj : 16/09/2012
copyright@somht.com